Biographie & démarche
Éric Bailblé
Pasteliste, professeur de géographie, breton. Amoureux des paysages de France et d'Europe.

L'artiste
Les écorces maritimes
Portrait paru sur le premier site de l'artiste.
Éric Bailblé est un homme amoureux des paysages de France et d'Europe. Professeur de géographie, il essaie à travers ses pastels de réunir les estuaires et les écueils du littoral atlantique européen. Les îlots granitiques sont nombreux entre la Galice espagnole, les cordons de galets bretons, les landes hautes et rases de l'Irlande.
La peinture de cet homme né en 1967 se veut un promontoire naturel pour témoigner d'une occupation ancienne et continue : sa peinture est résolument géologique. On peut l'apprécier grâce à des promenades colorées le long des sentiers côtiers avec comme seule boussole Le Talisman (1888, huile sur bois) de Paul Sérusier et l'expérience joyeuse de Pont-Aven, village breton qui a cristallisé pour toujours l'œuvre de Paul Gauguin.
Éric Bailblé pratique un art savoureux, symbolique, où la nature baigne dans une composition au chromatisme somptueux. Ses paysages sont des constats recomposés, suivant sa sensibilité qui va d'abord à l'essentiel, au primordial, au permanent. Cette peinture est le reflet d'une âme en paix avec elle-même, avec la nature, avec les autres. Éric Bailblé ne rétrécit point ce qu'il envisage, l'élargit même, lui donne une puissance neuve, utilise des tons bien nommés, des plus intenses aux plus clairs. Il propose ainsi une raison surgie de l'imaginaire.
À notre époque où, trop souvent, l'art se veut la négation de la sensibilité, de l'émotion, l'œuvre figurante de cet artiste vient comme un réconfort. Il utilise des pastels secs car ils sont seuls capables d'exprimer ce que le granit celtique cache de rude et de légendaire. Le bleu est une sentinelle pour ces pierres chargées d'histoire ; les teintes plates, les tons purs sont au service d'une science des couleurs. Les fonds chauds de ses pastels dégagent une grande joie de vivre. Ces éléments exaltent un langage pictural au service des régions de l'Atlantique européen. Ce sont les écorces maritimes.
Démarche
Ars poetica
Texte d'Éric Bailblé, juin 2026.

Depuis des années, je suis fasciné par l'objet paysage. Tout d'abord parce que je suis professeur de géographie, et surtout parce que j'aime la poésie de ce que « l'on voit de loin », ce qui est le sens étymologique du mot paysage / paesaggio, bien qu'en Chine, on parle de Montagne et Eau pour exprimer, il y a très longtemps, l'idée de paysage.
Inspiré par le style des peintres fauves et symbolistes, ma démarche interprétative des paysages est guidée par un désir d'onirisme. L'art du pastel sec permet cette libre inspiration, comme je l'apprécie dans les œuvres d'Odilon Redon. Je suis d'ailleurs fasciné par son bleu outremer foncé dans « Roger et Angelica » de 1910, repris plus tard par Yves Klein dans ses monochromes dans les années 1960. C'est une couleur que je reprends souvent dans mes pastels, en cherchant des dissonances chromatiques, la recherche d'une « Blue Note ». En tant que pianiste de jazz autodidacte, les paysages colorés résonnent en moi.
J'ai trois approches du paysage : la première est une notion géographique du paysage liée à l'Histoire (idée mise en valeur par le géographe français J.-R. Pitte en 1986 dans un bel ouvrage sur l'histoire du paysage français). Puis une notion agronomique du paysage liée à une approche naturelle de la Terre. Rester sensible à Gargantua. Et enfin il y a ces paysages touchés par la main de l'Homme. Un caractère anthropique inévitable qui considère donc aussi les paysages urbains.
Je considère aussi ces trois points des paysages de France dans leur dimension esthétique et onirique qui aboutit désormais avec une abstraction qui s'inspire de Nicolas de Staël.
« La peinture est une poésie muette », affirmait Plutarque.








Repères
Quelques dates
- 1967
Naissance en Bretagne. Professeur de géographie (35 ans de carrière), auteur d'un ouvrage d'histoire d'environ 600 pages.
- 1983
Premier pastel, « Mon jardin ».
- 1996
Premiers pastels secs bretons : Carnac, la côte nord.
- 2018
Début de la série Normandie.
- 2019
Vers l'abstraction : « La Mer », hommage à Odilon Redon, puis la série « Couleurs des régions de France ».
- 2020
Livre et exposition « Vignobles de France », à Bordeaux.
- Séries
Bretagne, Normandie, Paris, Provence & Méditerranée, Paysages de France, Vignobles de France, Fleurs (hommages à Émile Gallé), Lieux gastronomiques.
- Et aussi
Pianiste de jazz autodidacte. Membre de l'ADAGP (droits de reproduction).
L'atelier
En vidéo
Le pastel sec, le motif, la couleur : un court passage dans l'atelier, puis deux vidéos de la chaîne YouTube.
Dans l'atelier (1 min 36).
Lecteur YouTube chargé uniquement au clic, via youtube-nocookie.com.
Références
Compagnons de route
Peintres, géographes et philosophes cités par Éric dans sa démarche.
Odilon Redon
« Roger et Angélique » (1910) : le bleu outremer foncé que l'on retrouve dans les pastels d'Éric.
Yves Klein
L'IKB, ce même outremer porté au monochrome dans les années 1960.
Paul Sérusier
« Le Talisman » (1888), seule boussole des promenades le long des sentiers côtiers.
Paul Gauguin et l'école de Pont-Aven
L'expérience joyeuse du village breton : tons plats, couleurs pures.
Émile Gallé
Le verrier et ébéniste de Nancy, à qui la série « Fleurs » rend hommage.
Nicolas de Staël
Le paysage réduit à ses masses de couleur, guide de la démarche abstraite.
Noémie Goudal
Ses « paysages temporels », strates et durée, inspirent les couleurs des régions.
Claude Monet
Les pastels du peintre de Giverny, moins connus que ses toiles.
Jean-Robert Pitte
« Histoire du paysage français » (1983 / 1986) : la notion géographique du paysage liée à l'Histoire.
Plutarque
« La peinture est une poésie muette. »
Livre
« Vignobles de France »
Livre et exposition en 2020, à Bordeaux : les domaines viticoles peints sur le motif, du croquis au pastel.
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